Le Baromètre du travail

Comprendre
Première édition · Juillet 2026
Repères publics à l'usage des dirigeants, tous secteurs d'activité.
Aucune donnée d'établissement : repères nationaux et sectoriels uniquement.
Chaque repère est vérifié avant publication

Perspectives vous offre ce baromètre : un repère public et gratuit pour situer les transformations du travail en France, en lire les signaux et en mesurer les conséquences humaines et organisationnelles. Chaque chiffre publié ici a été vérifié à sa source.

Synthèse

Ce que le système dit, avant le symptôme.

Une organisation est un système vivant. Surcharge, tensions, ruptures : ce qu'elle traverse n'est jamais un fait isolé. C'est ce que le système donne à voir de lui-même. Ce baromètre rassemble, à intervalles réguliers, des repères vérifiés sur l'état du travail en France, pour situer ce que traverse votre organisation dans un mouvement plus large qu'elle.

Il ne mesure aucune organisation en particulier : il donne le contexte systémique dans lequel chacune s'inscrit. La santé mentale a été déclarée Grande cause nationale en 2025. Les chiffres qui suivent disent pourquoi.

L'état des lieux

Part des troubles psychologiques dans les arrêts de plus de 30 jours
37,8%
Première cause des arrêts longs, devant les troubles musculosquelettiques (21,6 %)
2025
Étude privée de référence — Malakoff Humanis, édition 2026.
Arrêts déclarés de 3,8 millions de salariés ; plus de 320 000 arrêts longs analysés.
Épisode dépressif caractérisé dans l'année, adultes de 18 à 79 ans
15,6%
44 % des personnes concernées sont sans prise en charge
2024
Source publique — Santé publique France.
Baromètre santé, édition 2024. Indicateur de contexte : population générale, tous milieux confondus.
Taux d'absentéisme dans le secteur privé
5,1%
En hausse de 34 % depuis 2019 ; 35 % des salariés arrêtés au moins une fois dans l'année
2024
Étude privée de référence — WTW, 7e baromètre.
Près de 2 000 entreprises, plus de 430 000 salariés, données DSN.
Durée moyenne d'un arrêt de travail
24,1jours
23,3 jours en 2023 : les arrêts s'allongent, et les arrêts longs représentent 57 % des absences
2024
Étude privée de référence — WTW, 7e baromètre.
Durée moyenne observée dans le panel du secteur privé.

Les niveaux varient selon les panels : 5,1 % dans le panel WTW en 2024, 4,3 % dans le portefeuille Malakoff Humanis en 2025. La direction, elle, est commune : une hausse d'un quart à un tiers depuis 2019, portée par l'allongement des arrêts. Le coût global de l'absentéisme, charges directes et indirectes confondues, est estimé à plus de 120 milliards d'euros par an (estimation WTW, 2025). Chaque repère cite sa source, son année et son périmètre.

Trois courbes, une même direction

Un chiffre isolé peut toujours être discuté. Trois séries indépendantes, construites par des sources différentes, avec des méthodes différentes, sur des populations différentes, et qui montent ensemble : cela s'appelle un signal.

Souffrance psychique liée au travail, femmes
2,4 % 6,2 % 5,9 % 2007 2018 2019
Source publique — Santé publique France, programme de surveillance des maladies à caractère professionnel (BEH, 2024). Prévalence plus que doublée depuis 2007. Chez les hommes : 2,7 % en 2019.
Épisode dépressif caractérisé, population adulte
9,8 % 13,3 % 15,6 % 2017 2021 2024
Source publique — Santé publique France, Baromètres santé 2017, 2021 et 2024. Tranches d'âge légèrement différentes selon les éditions (18-75, 18-85, 18-79 ans) : la tendance est robuste, la comparaison fine appelle la prudence.
Part des troubles psychologiques dans les arrêts longs
30,3 % 37,8 % 2020 2025
Étude privée de référence — Malakoff Humanis, éditions 2021 à 2026, arrêts de plus de 30 jours. Le panel WTW observe le même mouvement : 32 % en 2023, 36 % en 2024.

Chaque courbe conserve sa propre échelle et son propre périmètre : ces trois séries ne se comparent pas entre elles, elles convergent. C'est leur direction commune qui fait signal.

Un même indicateur, des expositions inégales

La part psychologique des arrêts longs ne pèse pas également sur tous. Elle culmine chez les cadres et chez les femmes. Ici, même panel, même méthode, même année : les écarts sont directement comparables.

Cadres44,4 %
Ensemble des salariés37,8 %
Femmes36,9 %
Non-cadres32,5 %
Hommes28,7 %

Part des troubles psychologiques dans les arrêts de plus de 30 jours, par population, en 2025. Échelle commune de 0 à 50 % : les longueurs sont proportionnelles entre elles. Étude privée de référence : Malakoff Humanis, édition 2026.

Ceux qui tiennent l'organisation

Une organisation tient par ceux qui la portent : dirigeants, managers, encadrement de proximité. Et par ceux qui la rejoignent : les plus jeunes. Ce sont précisément ces deux appuis que les données montrent en tension.

Managers ayant connu au moins un arrêt dans l'année
53%
En hausse de 8 points en un an : la fatigue managériale s'installe
2025
Étude privée de référence — Malakoff Humanis, baromètre annuel déclaratif réalisé par l'Ifop (3 000 salariés, 400 dirigeants).
Progression du taux d'absentéisme des cadres depuis 2019
+35,2%
La durée moyenne de leurs arrêts est passée de 16,4 à 20,2 jours en six ans
2019-2025
Étude privée de référence — Malakoff Humanis, édition 2026. Longtemps relativement préservés, les cadres ne le sont plus.
Salariés de 18 à 34 ans arrêtés au moins une fois dans l'année
47%
49 % chez les 18-30 ans, le plus souvent pour motifs psychologiques
2025
Étude privée de référence — Malakoff Humanis, baromètre annuel déclaratif Ifop. Fréquence d'arrêt la plus élevée, toutes générations confondues.
Épisode dépressif dans l'année chez les 18-24 ans
20,8%
Un jeune adulte sur cinq, en hausse de près de 80 % par rapport à 2017
2021
Source publique — Santé publique France, Baromètre santé 2021. Indicateur de contexte : population générale.

Soutenir ceux qui portent n'est pas un supplément d'âme : c'est une fonction du système. Quand l'encadrement s'épuise et que les plus jeunes s'absentent, l'organisation perd en même temps ses appuis et sa relève.

Ce que les chiffres ne peuvent pas dire

1 sur 2

Un salarié concerné sur deux n'ose pas aborder sa santé mentale dans son entreprise.

Ce chiffre est peut-être le plus important de cette page. Il dit que la donnée qui manque le plus aux organisations n'est pas statistique : c'est la parole. Un système ne peut pas lire ce qui ne peut pas se dire. Tant que la parole reste retenue, les tableaux de bord mesurent l'absence, jamais ce qui la précède.

Étude privée de référence — Malakoff Humanis, édition 2026. Salariés ayant connu un trouble psychologique, secteur privé.

Lire par secteur

Tertiaire et fonctions support
Cadres, employés, professions intermédiaires

Le tertiaire n'est pas épargné. Dans le Baromètre 2024 de Santé publique France, télétravailleurs, employés et professions intermédiaires apparaissent davantage concernés par la survenue d'un épisode dépressif dans l'année. Et la part psychologique des arrêts longs culmine chez les cadres : 44,4 % en 2025.

Source publique — Santé publique France, Baromètre 2024 ; Malakoff Humanis, édition 2026.
Santé
Secteur privé et hôpital public

La fréquence d'arrêt la plus élevée du privé : 53 % des salariés du secteur se déclarent arrêtés au moins une fois en 2025. À l'hôpital public, la durée moyenne d'absence du personnel non médical a atteint 35 jours en 2022 (29,9 en 2019), et le taux est repassé sous 10 % en 2023.

Malakoff Humanis, baromètre déclaratif Ifop 2025 ; sources publiques ATIH et FHF, enquête RH 2024.
Construction et industrie
Fréquence élevée, prévention efficace

Une fréquence d'arrêt élevée : 48 % des salariés du BTP et 44 % de ceux de l'industrie se déclarent arrêtés au moins une fois en 2025. Mais là où une politique active de prévention est conduite, le taux descend : 4,2 % dans la construction du panel WTW en 2024. La prévention se lit dans les chiffres.

Malakoff Humanis, baromètre déclaratif Ifop 2025 ; WTW, 7e baromètre, 2025.

Cette section s'enrichira édition après édition, à mesure que des indicateurs sectoriels vérifiés seront disponibles.

Points de vigilance

Mesure fragmentée

Le burn-out

L'épuisement professionnel est largement documenté, mais aucune mesure nationale unique ne permet d'en donner une prévalence homogène et incontestable. Ce baromètre ne produit donc pas de chiffre artificiel : il suit les indicateurs qui en approchent les manifestations, souffrance psychique liée au travail, arrêts longs, troubles anxieux et dépressifs.

Indicateur de contexte

La dépression

Un épisode dépressif ne peut être attribué automatiquement au travail. Le chiffre présenté éclaire l'état général de la population adulte, dans lequel le travail s'inscrit sans en être l'unique cause.

Lecture clinique

Du chiffre à l'expérience

Les statistiques donnent une mesure. Elles ne disent pas, à elles seules, comment le travail devient inhabitable, ni comment une organisation laisse se constituer une rupture. L'épuisement engage les conditions concrètes d'exercice, les conflits de valeurs, les empêchements à bien faire son travail.

Sources et méthode

Chaque indicateur affiché sur cette page provient d'une source publique ou d'une étude privée de référence, et n'apparaît qu'après vérification. Les sources publiques sont privilégiées ; les études privées de référence sont toujours qualifiées explicitement comme telles, avec leur échantillon et leur périmètre. Quatre règles gouvernent cette page : chaque donnée cite sa source, son année et sa méthodologie ; les études privées indiquent en plus leur échantillon ; aucune donnée n'est publiée avant vérification ; la date de consultation des sources est conservée. L'ensemble des sources de cette édition a été consulté et vérifié le 21 juillet 2026.

  • Source publique · Santé publique France, La souffrance psychique en lien avec le travail, programme MCP 2013-2019, Bulletin épidémiologique hebdomadaire n°5, mars 2024.
  • Source publique · Santé publique France, Épisodes dépressifs : prévalence et recours aux soins, Baromètre santé, édition 2024 (publication novembre 2025) ; éditions 2017 et 2021 pour les évolutions.
  • Sources publiques · ATIH, données ressources humaines des établissements publics de santé (2019-2022) ; FHF, enquête ressources humaines hospitalières, versant non médical, 2024.
  • Étude privée de référence · WTW, Baromètre de l'absentéisme dans le secteur privé, 7e édition, septembre 2025 (données 2024) : 1 952 entreprises, 431 981 salariés, données DSN sur cinq ans.
  • Étude privée de référence · Malakoff Humanis, étude Absentéisme, édition 2026, juin 2026 (données 2025) : arrêts déclarés de 3,8 millions de salariés, plus de 320 000 arrêts longs analysés, baromètre annuel déclaratif Ifop auprès de 3 000 salariés et 400 dirigeants.

Prévenir avant la rupture

Un système ne se rompt pas sans avoir envoyé de signaux. Arrêts prolongés, désengagement, conflits répétés, rotation accrue des équipes : la rupture est rarement la première information. Elle est souvent celle que l'organisation ne peut plus différer. Ce baromètre existe pour lire les signaux avant elle.

Deux dispositifs prolongent cette lecture. CARE écoute ce que le système dit. Praxis soutient celles et ceux qui le portent.